01 nov. 2026

Épistémologie de la transmission : par où « ça » se transmet ?

Suite à notre premier numéro centré sur la liberté et ses contraintes dans la transmission, notre second numéro de Sillages porte un questionnement plus concret, mais tout autant fondamental : comment transmet-on ? Sur quoi pouvons-nous nous appuyer pour que la pratique résonne avec la psychopathologie clinique tout en se complexifiant d’autres champs disciplinaires ? De plus, faire avec l’impact de la subjectivité (plutôt que de vouloir l’effacer) et avec l’impact du travail d’équipe autour des enjeux transféro-contre-transférentiels est un enjeu majeur de la transmission.

Sans prétendre répondre à toutes ces questions, mais plutôt à ouvrir des espaces de pensées et de réflexions, ce numéro 2 s’ouvre sur un article de Patrick Geffard, professeur émérite en sciences de l’éducation et de la formation. Son propos sur la transmission passe autant par une critique nourrie autour des modèles de production du savoir et de la recherche que sur la place de la subjectivité dans nos pratiques et modèles contemporain. Se tisse ainsi un fil autour d’une question centrale et actuelle autant pour la recherche que pour la clinique :

L’essentiel de la démarche de production du savoir et de sa transmission est-elle dans le modèle, dans la réponse concrète « prouvée » ou dans l’hypothèse, dans le chemin réflexif et l’incertitude ?

Dans la rubrique Focus de ce numéro, nous vous proposons une interview croisée d’une directrice d’un hôpital de jour pour enfant et d’un formateur comme récit dans l’après-coup de l’expérience de formation qu’ils ont partagée et des questions de transmission qui en découlent.

Lors de cet échange, Marie-Noëlle Clément (pédopsychiatre, médecin responsable de l’HDJ Boulloche à Paris), Adrien Blanc (psychologue clinicien, docteur en psychologie, formateur) et Emmanuelle Suchaud (psychologue clinicienne, directrice du Copes) explorent ces questionnements épistémologiques, ainsi que les effets d’une formation sur la pratique clinique des membres d’une équipe soignante.

En retraçant l’histoire de cette formation, c’est toute une temporalité qui se déploie : de la demande initiale de formation et son élaboration, au programme pédagogique et à son ajustement en fonction de l’évolution du groupe… des adaptations du dispositif de formation jusqu’au devenir, dans l’après-coup, de ce travail collectif, et de la forme nouvelle qu’il prend depuis pour une partie de l’équipe.

Ainsi, transmettre, c’est aussi pouvoir s’ouvrir au pluriel, à l’incertitude de ce qui va « rester », mais aussi privilégier une rencontre qui peut devenir narration, et appartenir en propre à tout un chacun.

Bonne lecture,

Adrien Blanc, psychologue clinicien, membre du comité de rédaction et Emmanuelle Suchaud, directrice du Copes