15 juin 2026

Avis de naissance et longue vie à Sillages, traces et transmissions !

Le Copes, fort de l’héritage du Pr Soulé, et de tous les cliniciens intervenants, qui l’ont depuis porté, développé, rêvé, soutenu… a toujours été un lieu de pensée, de convictions et d’échanges fertiles qui légitime aujourd’hui la création d’un espace rédactionnel qui porte avec vigueur ses valeurs et ses engagements.

Au travers de cet espace, le Copes entend affirmer ce qu’il est, un organisme de formation mais pas que, et pas à n’importe quel prix… !

L’histoire du Copes, sa pensée, et son inscription dans une association regroupant des établissements de soin (le Cerep Phymentin) étayent son activité et l’accompagnement des professionnels de la petite enfance, de l’enfance et de l’adolescence dans leurs pratiques. Avec Sillages, nous souhaitons partager ce qui fonde les formations et prolonger la réflexion qu’elles ouvrent. 

Notre premier numéro. Défendre la liberté de penser et de transmettre : pour un éloge de la pluralité et de la complexité 

À l’heure où la perspective psychopathologique psychanalytique suscite au mieux méfiance et au pire, attaques, il convient plus que jamais de revendiquer notre attachement à la liberté (de penser, de transmettre, de penser ou transmettre la liberté !) en témoignant d’une pensée vivante, à l’abri de tout dogme, nourrie de différents points de vue et qui se laisse contredire et questionner. Cette liberté, aujourd’hui attaquée de toute part, dans les institutions, la clinique, les procédures de soins et de formation s’est imposée avec évidence comme thématique du premier numéro de Sillages !  Il s’agira ici d’en interroger les formes que prennent ces attaques de la liberté, de parler et d’expliciter les processus agissant et œuvrant à grande échelle pour satisfaire des visions réductrices, enfermantes et dangereuses, et d’explorer les liens entre attaque de la pensée, montée des individualismes et perte de liberté. Car attaquer la liberté de pensée, c’est s’en prendre aux liens, à la dynamique des pulsions, aux subjectivités, à l’intersubjectivité — donc à la vie même. Démontrer ces processus à l’œuvre et leurs effets inexorables, est aujourd’hui une urgence vitale.

Il importe donc de s’indigner, de résister mais aussi de créer et de proposer.

Les formations du Copes ont cette ambition que le Copes espère contagieuse.

Nous ne serons jamais trop nombreux pour tenir bon tous ensemble sur ces valeurs qui fondent et rendent possible un soin psychique résolument humain et humaniste.

Bonne lecture !

Emmanuelle Suchaud, directrice du Copes